Le tuffeau

La localité de Linsmeau a donné son nom à une pierre tendre au coloris chaud, le tuffeau de Linsmeau. Exploité depuis le XIIe siècle au moins et utilisé jusqu'au XIXe siècle, ce matériau se retrouve dans nombre de bâtiments des alentours: la tour romane (XIIe siècle) de l’église Saint-Pierre, la jolie chapelle Notre-Dame de la Colombe (fin XVIIe siècle), le château féodal et de nombreuses habitations.

Roche calcaire renfermant des grains de quartz et de mica, le tuffeau est avant tout une pierre réfractaire, utilisée dès l'époque romaine pour la construction des fours à pain.

Les Mérovingiens l'utilisèrent pour leurs sépultures, et les bâtisseurs du Moyen-âge pour leurs églises. On en fit également des maisons à partir du XVIIIe siècle.

Le tuffeau est cette pierre, plus friable que celle de Gobertange, dont sont faits le clocher de l'église de Linsmeau, la chapelle Notre Dame de la Colombe et le château de Linsmeau.

La chapelle Notre Dame de la Colombe reste un exemple rare de monument intégralement bâti en tuffeau.

Extrait à Linsmeau et à Lincent on le trouve également, sous des formes légèrement différentes, à Grez-Doiceau, Saint-Trond et Mons, mais aussi à Maastricht et en Touraine.

A Linsmeau, la dernière carrière, celle des Steenwinckel, a cessé ses activités en 1948. La carrière, d'une superficie d'un hectare et demi, se situait au lieu dit "Les Pirées", entre Linsmeau et Hampteau.

La carrière de tuffeau a été rouverte, de 1959 à 1962, à la demande du Professeur Raymond Lemaire qui dirigeait la Commission internationale de restauration des monuments et des sites.

D'abord souterraine, l'extraction se fit ensuite à ciel ouvert, à une quinzaine de mètres de profondeur. En moyenne, un ouvrier produisait entre deux et trois mètres cubes de pierre brute par jour.

Selon Roger Steenwinckel on n'a exploité que la moitié du site, mais c'est maintenant un trésor inaccessible car l'ancienne carrière se situe en zone d'extension d'habitat.

Pour restaurer les édifices, il faut d'abord nettoyer la pierre à basse pression. On procède, ensuite, à un durcissement en profondeur, avec un mélange de silicate et d'éthylène.

On peut aussi réparer les pierres avec du bioxyde de zinc. Les Romains utilisaient déjà cette technique.

On travaille aussi avec des broches, des résines, ou de la chaux.

Chapelle Notre-Dame de la colombe à Linsmeau réalisée en tuffeau

Ferme avec pignon en Tuffeau, à l'intersection de la rue d'Ardevoor et de la rue du Pont Neuf.

 

 

Copyright Association des Habitants de Hélécine 2005, tous droits réservés